Les services achats ont le pouvoir de favoriser le travail des personnes handicapées

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Les services achats ont le pouvoir de favoriser le travail des personnes handicapées

Achats responsables : Un véritable levier pour favoriser le travail des personnes handicapées

Si le constat est sans appel puisque le taux moyen d’emploi de travailleurs handicapés dépasse difficilement les 3,5% dans les entreprises assujetties à l’obligation (il doit être de 6%), notons néanmoins qu’il est en hausse légère mais constante. Cette tendance illustrerait concrètement un enclin plus marqué de l’entreprise pour les sujets liés à l’inclusion en général, à la responsabilité économique et à la croissance sociale. Serait-ce également une démonstration que notre modèle d’intégration professionnelle pour les personnes handicapées commence à porter ses fruits ?

Une chose est sûre, outre le recrutement direct par les entreprises, il apparaît que le recours au secteur adapté ou protégé constitue une solution bien réelle de contribuer à l’augmentation globale du taux d’emploi des personnes handicapées en entreprise.

Les services achats en sont les prescripteurs directs lorsque l’entreprise décide d’orienter sa politique achat vers le STPA*.

Hélas, ce ne sont que des frémissements ressentis autour du niveau global d’emploi des personnes handicapées. Il appartient dorénavant à l’ensemble des parties prenantes de s’engager dans des actions concrètes et porteuses pour que les plus de 500 000 chômeurs en situation de handicap retrouvent un peu d’espoir. C’est bien dans l’idée d’un effort collectif que l’esprit de la loi de février 2005 résidait.

 

Réalité et stéréotype

Si l’on constate que le discours évolue et que les mentalités changent, il n’en demeure pas moins que dans la réalité, il existe encore de nombreux préjugés lorsqu’il s’agit de passer à l’acte et d’embaucher des personnes handicapées. Il semble d’ailleurs qu’un des premiers freins soit notamment lié au regard erroné porté sur les compétences et aptitudes avérées des personnes en situation de handicap.

Beaucoup d’employeurs imaginent encore qu’une personne handicapée demeure incapable de performances professionnelles dans le cadre d’objectifs fixés. A leur yeux, l’emploi d’une personne handicapée impliquerait contraintes, non qualité et coût supplémentaire…

Autant d’idées reçues que les 878 000 personnes handicapées aujourd’hui en poste viennent démentir tout comme le taux de satisfaction de leurs employeurs affirmé à 87%. Ainsi, diversité peut rimer avec performance.

Il arrive encore souvent que les qualifications et les compétences de la personne concernée soient « masquées » par la manifestation de son handicap, à plus forte raison si celui-ci est visible. Ainsi, la gène ressentie chez les interlocuteurs fait qu’ils se focalisent souvent sur le handicap au détriment du professionnalisme existant.

Enfin, 10% des entreprises seraient complètement réfractaires à l’idée d’embaucher des personnes en situation de handicap. Il faudra encore du temps pour arriver à une complète « banalisation » de l’emploi des personnes handicapées. Mais les choses avancent notamment avec les jeunes générations qui seraient bien moins réfractaires à la diversité.

 

Les achats responsables face au STPA

La RSE est un concept dans lequel les entreprises choisissent notamment d’intégrer les préoccupations sociétales dans leurs activités et dans leur interaction avec leurs parties prenantes sur une base volontaire.

Concernant les enjeux du travail et du handicap, certaines entreprises privilégient le recours au STPA plutôt que de se diriger vers des embauches directes. D’autres choisissent d’agir sur les deux tableaux.

Mettre en œuvre un projet de collaboration avec une Entreprise Adaptée n’est pas forcément une démarche spontanée.

Il faut considérer préalablement d’où vient la décision, quelles sont les motivations, quel est le degré de conviction réelle de l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise.

Si le rôle du responsable RSE de l’entreprise est d’inciter et d’encourager le recours aux achats responsables et notamment aux prestations du STPA, il n’en demeure pas moins que le service achat reste décideur.

On peut noter des progrès via les marchés réservés ou allotis destinés au STPA, néanmoins la nécessité de sensibiliser les prescripteurs demeure permanente.

Dans les plus grandes entreprises, il existe des acheteurs dédiés (acheteurs RSE, diversité, responsables…) quasiment dévolus à un rôle de lobbyistes internes.

Confortée par la baisse de la contribution Agefiph, l’entreprise trouve là une forte motivation. Selon le Baromètre des Achats Responsables – OpinionWay pour l’ObsAR 2017, la baisse de la contribution Agefiph est pour 67% des acheteurs une alternative à l’embauche de personnes handicapées, l’acte citoyen à proprement parler n’est cité qu’à 40%.

Les contributions Agefiph ou Fiphfp, constituent finalement une disposition constructive. Il faut cependant considérer la réduction de sa contribution non comme une pirouette fiscale mais comme une disposition vertueuse, structurante pour la RSE de l’entreprise, car contributive à l’emploi indirect de personnes handicapées.

Des normes françaises certifiantes ont pu elles aussi peser dans le recours des entreprises aux achats responsables telle que la hausse des certifications ISO 26000 semble le confirmer.

Aussi, entre incitations financières et certifications renforçant « l’image de marque » de l’entreprise, le seul opportunisme motiverait-il le choix ?

 

Les achats responsables en EA : entre enjeux sociétaux et réalité économique

Il peut être vertueux de se libérer de la contribution à l’Agefiph en ayant recours à une Entreprise Adaptée ; cette démarche permettant précisément à cette dernière de se pérenniser et de se développer tout en générant l’emploi de personnes handicapées.

En revanche l’EA réfute l’image d’«alibi handicap » et affiche les compétences et le professionnalisme qu’elle met en œuvre pour satisfaire aux sollicitations commerciales des entreprises, dans une perspective de valeurs partagées.

Rappelons que l’Entreprise Adaptée, entreprise à part entière, se doit de performer sa dimension économique afin d’honorer sa vocation sociétale au service d’une société inclusive. C’est bien en s’adressant à elles que les entreprises participent au projet d’inclusion construisant ainsi ensemble une chaine vertueuse.

 

Achats responsables et Entreprise Adaptée : Confiance et conviction sinon rien !

Que les entreprises aient ou non une politique d’emploi des Travailleurs Handicapés formalisée, il existe des entreprises qui dépassassent leur obligation d’emploi par conviction et implication des dirigeants. Il s’agit là d’un choix ; celui de jouer la carte de l’inclusion et de créer une véritable relation de partenariat.

À l’origine de toute relation commerciale, il existe sur le fond un besoin exprimé à l’égard d’une ressource identifiée et sur la forme, le souhait d’une confiance mutuelle construite sur une compréhension réciproque dans la formulation tant de l’offre que de la demande.

Néanmoins, parallèlement à ce prérequis essentiel, du côté de l’acheteur, la volonté reste de trouver LE fournisseur ; celui qui est à même de répondre aux exigences tarifaires et qualité, de rassurer en terme de risque et d’améliorer sa marge…

Les objectifs liés à la RSE s’installent dans la stratégie des acheteurs mais restent encore en deçà de l’importance notamment revêtue par le prix ou le risque. Il faudra encore du temps pour qu’ils soient pleinement intégrés dans le gène des acheteurs.

Comment les performances économiques et le respect des valeurs sociales et environnementales peuvent donc cohabiter ? Comment satisfaire à égalité l’ensemble des critères requis ? Le curseur des priorités doit sans doute bouger. Comme nous l’avons déjà mentionné, l’intention du décideur est ici déterminante. En face, la capacité du fournisseur à être convainquant l’est tout autant.

Et cela questionne le sens de la relation que nous voulons avec nos clients et nos fournisseurs, d’autant qu’il s’agit d’un EA ; une relation qui va au delà de la consommation d’un service ou d’un produit ; une relation humaine ou chaque partie joue pour la réussite commune en donnant un sens véritable à l’esprit de partenariat et à la notion de confiance.

Fort d’une dimension humaine prépondérante, l’Entreprise Adaptée a à cœur d’établir ce type de relation commerciale. Le partenaire est en somme un client ++ qui la choisit pour son savoir-faire, sa politique de prix mais aussi pour sa vocation sociétale.

Et c’est précisément pour répondre à cette mission que l’Entreprise Adaptée déploie sa performance économique, comme n’importe quelle entreprise et qu’elle a tout intérêt à être commercialement performante et concurrentielle sur son marché, au risque de disparaître.

Les entreprises qui travaillent aves des EA le comprennent bien et selon le baromètre des Achats Responsables – OpinionWay pour l’ObsAR 2017 le niveau de satisfaction des acheteurs vis à vis des prestations contactées auprès du STPA est élevé puisque 97% des acheteurs se déclarent satisfaits.

Au sein du Groupe Nea, nous avons de belles et longues histoires de partenariats commerciaux exemplaires et vertueux ! Ceci prouve bien que le lien de confiance et de conviction créé avec les acheteurs a porté ses fruits en privilégiant ainsi la performance économique inclusive plus que l’opportunité fiscale.

 

 

*Secteur du Travail Protégé et Adapté